Avez-vous déjà mangé du lapin en mer?

Ceci n’est ni un lapin farci, ni une farce!

Les traditions marines puisent leurs origines à l’aube du temps lorsque capitaines et équipages se protégeaient de l’immensité de la mer à l’aide de superstitions. Au fil des aventures, l’homme marin en est arrivé à interdire à bord maintes choses.

Plongeons dès à présent dans ce monde “fantastique”.

L’animal aux grandes oreilles, le cousin du lièvre, le vous-savez-qui 

Au même titre que volailles, porcs et légumineuses, le « vous-savez-qui » a longtemps été embarqué comme vivre pour les longues traversées. Sauf que le cousin du lièvre, avec sa belle denture, rongeait l’osier de sa cage, puis le chanvre des cordages, puis l’étoupe… C’est ainsi que, par excès de gourmandise, le rongeur aurait causé de nombreux naufrages.

Donc, ni en ragoût, ni à la bouche, ni en peluche… à bord, pas de lapin!

Saouler Neptune après avoir couper le macoui

Et là, vous vous dites: “non mais quezako?”

Rassurez-vous, nous parlons toujours des superstitions marines! Sujet très sensible, assez controversé: rebaptiser son bateau.

Quel est le risque?

Selon la tradition, bien que cela n’est guère conseillé et qu’une autre solution serait la bienvenue [c’est à dire, s’adapter et aprécier le nom du bateau ;)], il faut couper le macoui pour pouvoir rebaptiser le nom de sa perle sans attirer les foudres de Neptune.

Le macoui c’est le sillage, le serpent qui suit en permanence l’embarcation. Dès son premier baptême, le bateau a son propre macoui. Si vous le rebaptisez, il en aura deux. Sauf que le macoui est exclusif, il faut donc “couper” le premier afin de ne pas agacer Neptune. Pour cela, la règle est simple: il suffit de sortir en mer suivi d’un bateau ami, et, tout en saoulant l’ancien macoui d’un brevage de votre choix, le bateau ami viendra par trois fois couper votre sillage. De plus, à chaque passage, vous donnerez un grand coup de corne de brume… Le macoui n’aime pas le bruit! Pour finir, vous remercierez Neptune en lui versant une bonne rasade de vin côté tribord.

Et voilà!

Un navire qui n’a pas goûté au vin goûtera au sang 

Il était une fois le sang d’une victime étalé sur la proue, en offrande aux Dieux pour qu’ils accordent leur protection au navire…

Vous pensiez que les bulles de champagne c’était le côté festif des arrivées? Le rituel du sacrifice a évolué au profit du vin avec la bien connue bouteille brisée contre la coque, avant de laisser place au champagne.

L’anectode? Le naufrage du Titanic a renforcé cette croyance, les bateaux de la compagnie White Star Line n’étant jamais baptisés avant leur mise à l’eau!

Allumer une cigarette à la bougie…

L’ancêtre de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) était la Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons. Vous allez vous dire “Oui, et alors?”. Mais ce n’est pas que! Ce dernier vendait des allumettes pour se financer… allumer une cigarette à la bougie revenait donc à le priver de dons!

C’est pourquoi, en allumant une cigarette à la flamme d’une bougie, nous provoquerions au même instant la mort en mer d’un marin inconnu, par noyade ou par accident…

Oubliez les fleurs sêchées en déco

Les fleurs étant utilisées à l’élaboration des couronnes funéraires jetées à la mer lors du décès d’un marin… on va plutôt se laisser tenter par des plantes grasses, parfaites à bord: elles ont besoin de lumière, chaleur et peu d’eau, comme nos bains de soleil 😉

Ne poussons pas la chansonette

Siffler lèverait des vents incontrôlables et attirerait le diable… Le seul à pouvoir siffler est le cuisinier car tant qu’on l’entend, il n’est pas en train de manger les provisions du bord ni goûter (en excès) les plats en cours!

Bout, filin, cordage mais pas corde

À bord, on ne parle jamais de corde: elle servait à pendre les enfants de mutins à la grande vergue… la corde est un mot exclusivement réservé à la cloche: un symbole fort lié au monde maritime. À bord des bateaux, la cloche était traditionnellement utilisée pour sonner les changements de quarts et surtout pour avertir les autres navires par temps de brume.

On dit un « bout » (prononcez boute) pour le cordage en général. On parle d’une amarre, d’une écoute, d’une drisse, d’un hale-bas, d’une balancine… clarifiant aussi la manœuvre pour éviter toute ambiguïté.

Et bien d’autres…

• Toujours enrouler les câbles dans le sens des aiguilles d’une montre, jamais le contraire
• Ne pas dormir la tête orientée vers la proue
• Les filles, oubliez la lime, couper ses ongles en mer porte malheur
• Toucher le col d’un marin porte bonheur
• Toujours poser le pied droit en premier en montant à bord

Vous en avez d’autres à nous raconter? Faites nous part de vos “préférés”!

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